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Déodorants et cancer du sein
Type : Mise en garde
Statut : Du vrai, du faux Du vrai, du faux
En circulation depuis :  Mai 2009


MISE EN GARDE - Une odeur persistante...

9 ans après notre précédent article, toujours aucune étude ne permet d'affirmer quoi que ce soit... Et pourtant, la rumeur est toujours bien présente.

Une polémique fait rage depuis plusieurs années, entretenue sur certains sites de santé et beaucoup de sites féminins, relayée par les internautes inquiets pour leur santé : l'utilisation de déodorants et d'antitranspirants combinée au rasage des aisselles favoriserait le développement du cancer du sein. Nous avions déjà consacré un article à ce sujet en 2000 , de nouvelles publications scientifiques nous permettent aujourd'hui de préciser un peu les choses.

Les médecins et les chercheurs ont constaté un nombre important de cancers du sein situés dans le quadrant supéro-externe, une zone proche de celle où l'on applique habituellement les déodorants. Selon certains scientifiques, la cause pourrait être attribuée aux sels d'aluminium (servant à lutter contre la sueur et les bactéries) et aux parabènes (une famille de conservateurs utilisés dans de nombreux autres produits, y compris alimentaires) contenus dans les déodorants et les antitranspirants. Concernant les parabènes, des questions demeurent quant à l'impact de certains d'entre eux sur l'organisme mais ils sont a priori absents de la plupart des déodorants qui, étant bactéricides, se conservent naturellement. Restent les sels d'aluminium, accusés par certains de jouer un rôle dans le processus de développement du cancer.

Du côté des scientifiques, bien que de nombreux articles aient souligné l'absence de lien entre le cancer du sein et l'utilisation des déodorants, d'autres chercheurs affirment avoir trouvé ce lien et notamment l'Américain Kris G. McGrath, que nous avons contacté, dans deux publications récentes parues en 2003 et en 2009. Devant l'inquiétude des consommateurs s'exprimant notamment sur internet, les entreprises de cosmétiques ont cherché à en savoir plus. Parmi elles la société américaine Unilever a sollicité un groupe de chercheurs français spécialisés dans le cancer du sein, leur demandant d'analyser toutes les publications traitant d'un lien entre l'utilisation de déodorants et le cancer du sein et d'établir leur degré de fiabilité. Au cours de leur étude, les chercheurs ont d'abord constaté que beaucoup d'articles étaient "peu rigoureux sur le plan méthodologique" et qu'ils "n'apport[ai]ent pas de réponse aux questions posées", et leur conclusion après analyse de toutes les publications existantes sur le sujet établit que "aucune preuve scientifique en faveur de l'hypothèse n'a pu être identifiée" (Bulletin du Cancer. Volume 95, Numéro 9, 871-80, septembre 2008, synthèse).

La conclusion est rassurante, mais reste ce problème de taille que les experts reconnaissent eux-même : il manque une étude sérieuse et complète sur le sujet. On se trouve donc plutôt face à une absence de preuve de lien entre déodorants et cancer du sein, que face à une preuve d'absence de ce lien.
Une telle étude, nécessiterait en effet, d'analyser les mêmes pratiques (mêmes attitudes lors de l'application du déodorant), sur plusieurs dizaines d'années sur plusieurs milliers de femmes, tous les jours.

Les chercheurs que nous avons pu interroger, notamment le Professeur Moïse Namer du groupe d'experts qui a mené l'étude commandée par Unilever et la Dr. Marie-Christine Rio, directrice de recherche INSERM travaillant sur le cancer du sein à l'Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire, s'avouent sceptiques sur la validité du lien entre les sels d'aluminium et le développement de cancers du sein. En effet, les veines qui drainent les aisselles et qui absorberaient ces substances rejoignent la circulation générale sans passer par le sein, comment donc expliquer sa contamination ? Et si contamination il y avait, elle concernerait les deux seins : pourquoi y a-t-il donc si peu de cancers bilatéraux (2%) ? Pourquoi, aussi, ne constate-t-on pas plus de cancers de la peau au niveau des aisselles, alors que la sensibilité aux substances cancérigènes est la même ? Enfin, au Moyen-Orient par exemple, les femmes ne se rasent pas mais s'épilent, ce qui cause également des microlésions dans la peau, et elles utilisent exclusivement la pierre d'alun constituée de sulfate d'aluminium "quasi pur". Or il n'y a pas plus de cancer du sein dans ces populations que dans le reste du monde.

Quoiqu'il en soit, pour ceux qui souhaitent appliquer le principe de précaution, il est toujours possible de trouver dans le commerce des déodorants sans sels d'aluminium. Mais qu'elle que soit l'attitude que chacun retiendra, il convient surtout de ne pas oublier que le cancer peut survenir même si on décide de n'utiliser strictement aucun déodorant ou anti-transpirant d'aucune sorte. En conséquence, la meilleure protection des femmes contre le cancer du sein reste le dépistage systématique, les palpations mammaires et les mammographies étant indispensables pour un dépistage précoce et donc une chance de guérison maximale. Là réside sans aucun doute le seul message à faire passer dans les esprits !

Article par Le Zap's, Kerinel et Paléonora – HoaxTeam



Mis en ligne : 12 mai 2009
Dernière mise à jour : 12 mai 2009

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2 septembre 2010
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