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Risques d'IVG : Intox ?

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Risques d'IVG : Intox ?

Bonjour,

J'ai fouillé le site ivg.net, qui est connu pour être une site pro-life sous couverture anti-life (numéro d'écoute qui en fait débouche sur Marie). Sur une page (https://ivg.net/les-risques-de-ivg/ivg-et-troubles-psychologiques) j'ai vu qu'il y a soi-disant plusieurs livres scientifiques consacrés aux risques psychlogiques de l'IVG, et d'augmentation de risque d'adopter des comportements suicidaires ou surconsommation d'alcool.

J'ai de très grands doutes sur cela, ayant pourtant 4 enfants (2 couples de faux jumeaux) et d'autres données présentes dans le site m'ont l'air douteuses.

Pouvez-vous me dire si il y a une ou plusieurs intox présentes dans le site ?

Bonjour,

Plusieurs intox présentes sur un site ouvertement anti-ivg ? Euh, comment dire ?

http://www.liberation.fr/france/2016/12/01/ivggouvfr-vous-n-avez-pas-a-c...

Au passage, on peut rappeler qu'il existe aussi des risques psychologiques avec les grossesses non désirées, chez les adolescentes ou pour les femmes victimes de viols entre autres.

Et il existe des risques psychologiques aussi pour les grossesses désirées comme le fameux baby-blues

Misérable. Encore quelqu'un qui confond ivg.gouv.fr avec ivg.net. En soi ivg.net n'est pas si connu pour cela, mais c'est un site tenu par des militants catholiques. Toujours sceptique ?

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/12/07/ivg-net-le-site-t...

En plus, c'est le numéro d'écoute d'IVG de plusieurs villes...quelle honte.

Ah, encore quelqu'un qui ne sait pas lire...

Où as-tu vu une confusion entre les deux sites ?

"Toujours sceptique ?" A quel sujet ????

Il vaut mieux être méfiant chaque fois qu'un livre est qualifié de "scientifique", ou de "écrit par un scientifique de renom".
Rien n'interdit à un scientifique renommé d'avoir des opinions politiques ou religieuses, même si on peut supposer qu'il les choisit avec un peu plus de discernement qu'un citoyen ordinaire.
En fouillant dans le passé, on peut trouver de multiples exemples de scientifiques de renom qui ont exprimé des opinions qu'on trouverait aujourd'hui profondément révoltantes.
Enfin, ne pas oublier qu'en dehors de sa spécialité, un scientifique peut être aussi ignorant que n'importe qui.
Ce qui doit être examiné dans un ouvrage scientifique, ce n'est pas la conclusion, mais la méthode qui a conduit à cette conclusion et les arguments utilisés.

Sigmund Freud qu'on remet le plus en question aujourd'hui :)

Soyons clair : ce qui fait foi, dans le milieu scientifique, ce ne sont pas les livres, mais les études (qui peuvent être reprises dans des livres, je vous l'accorde généreusement).

Et il faut que les études en question aient été publiées dans un journal à comité de lecture ayant un bon facteur d'impact, pas dans une revue créée spécialement pour servir une cause, quelle qu'elle soit.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Facteur_d%27impact

Dans le domaine médical, le site internet de référence pour les études scientifiques, c'est PubMed :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/

On y trouve par exemple les études suivantes, publiées dans des revues de référence (je donne juste après l'étude un lien vers la fiche Wikipedia du journal en question) :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21275086
https://en.wikipedia.org/wiki/Psychological_Medicine

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28510640
https://en.wikipedia.org/wiki/European_Journal_of_Public_Health

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25420710
https://en.wikipedia.org/wiki/Scandinavian_Journal_of_Public_Health

La première étude, menée en Angleterre, conclut que la grossesse adolescente (qu'elle soit suivie d'un avortement ou non )est associée à un plus fort taux de suicide que la grossesse ordinaire, et qu'il faut un suivi psychologique particulier pour cette catégorie.

La deuxième étude, menée en Finlande, conclut qu'il y a un surplus de suicides parmi les adolescentes ayant avorté par rapport à celles ayant gardé leur enfant, qui ne s'explique pas par leur bas niveau éducatif, et que donc il faut accompagner psychologiquement cette population.

Mais attention, ce n'est qu'une corrélation, pas une causalité : rien ne prouve que c'est l'IVG qui conduit au suicide ; cela peut parfaitement être un troisième facteur (par exemple la conscience de n'avoir aucun futur) qui conduit à la fois à l'IVG en cas de grossesse non désirée et au suicide.

https://cortecs.org/materiel/effets-cigogne-correlation-vs-causalite/

La troisième étude dit que ce risque supplémentaire de suicide a légèrement décru en Finlande au cours du temps (grâce à la prévention ?) et conclut, comme je le disais plus haut, qu'il convient de pousser l'analyse pour savoir quel est vraiment la cause du suicide (un antécédent psychiatrique, pensent-ils).

S'il faut conclure (provisoirement) quelque chose de tout cela, je dirais que chez une adolescente (et pas chez une femme "mûre") une grossesse non désirée (qu'elle soit ou non suivie d'un avortement) est certainement l'indice d'un mal-être antérieur, qu'il convient de ne pas ignorer.

"...je dirais que chez une adolescente / une grossesse non désirée / est certainement l'indice d'un mal-être antérieur, qu'il convient de ne pas ignorer."

Hein ??? O_O

Oui, enfin, c'est surtout l'indice d'un rapport sexuel sans contraceptif parce qu'une gamine n'a pas forcément besoin d'être dépressive pour jouer à touche pipi sans les mains avec un copain...

Par contre, que chez une adolescente, une grossesse non désirée (ce qui est le plus souvent le cas) soit un FACTEUR de mal-être intérieur (et pas antérieur), voire de dépression, là, oui, je veux bien.

En fait, d'après les études que je cite, on n'en sait rien.

Soit la grossesse non désirée provoque du mal-être, soit c'est un mal-être antérieur qui a pu conduire à un comportement sexuel à risque, soit tout simplement c'est la mauvaise éducation qui conduit à la fois au mal-être et à la grossesse non-désirée.

La seule chose dont on est sûr, et c'est ce que je voulais dire, c'est qu'une ado en situation de grossesse non désirée risque d'avoir besoin d'un accompagnement psychologique. (Oui, je sais, c'est un truisme...)

à notre époque, le fait, pour une adolescente, d'avoir eu un rapport sexuel non protégé peut traduire trois types d'attitude "de mal être" :
1°) une ignorance crasse en matière d'éducation sexuelle, pourtant enseignée à l'école.
2°) une recherche du risque, dont la grossesse n'est qu'un des aspects, les diverses maladies sexuellement transmissibles étant tout aussi "dangereuses".
3)) une volonté de se valoriser en passant brutalement du statut d'enfant au statut de parent, sans envisager les conséquences matérielles de cet acte.
Alors, oui, dans ces cas, une grossesse adolescente est la traduction d'une difficulté à se positionner dans la société ou dans son environnement familial.
Et, alors, cette situation peut être considérée comme le symptôme d'un mal-être qui peut, par la suite, entraîner des tendances suicidaires.

Petites précisions :
L'enseignante que je suis a déjà eu, hélas, de nombreux cas d'anciennes élèves "tombées" enceintes bien avant leur majorité (record absolu, 15 ans pour la petite soeur d'une élève). Je précise : j'ai toujours enseigné, depuis que je suis titulaire, en ZEP, REP, RAR et autres REP+, au gré des baptèmes ministériels.

Et parmi les causes de grossesse précoce,
- pour un "accident" : une demoiselle persuadée que deux valent mieux qu'un. Donc le papa avait enfilé deux préservatifs l'un sur l'autre. Sauf que c'est la meilleure solution pour que ça craque. Donc bébé.
- un ou deux cas persuadés que "mais non, c'est pas vrai, ch'uis trop jeune, les profs y racontent que des f....s". (et ben non, zut alors !).
- Celles qui n'ont pas écouté les cours à ce sujet, parce que parler sexe, "c'est sale" (apparemment, pratiquer, ça l'est nettement moins) et qu'elles préfèrent prendre leurs infos à ce sujet sur Youtube ou équivalent.
- Plusieurs cas de grossesses délibérées, soit parce que ces demoiselles estimaient que le plus tôt, c'est le mieux, et que ça fait "femme" ("de toutes façons, si à 12 ans, on a jamais fait l'amour, on a gâché sa vie").
Soit, dans un cas très extrême, parce que c'était la seule solution que l'ado voyait pour échapper à sa famille (famille que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi), en étant placée en foyer. Je précise pour ce dernier cas que la demoiselle, près de dix ans après, vit toujours avec le papa, et a repris ses études. C'est elle qui a le meilleurs cerveau de sa famille.

Les causes sont donc multiples, tenant à la fois du mal être, de l'immaturité, du contexte, etc. Et je n'ai pas mis dans ma liste les grossesses volontaires parce que "dans la famille, ont a toutes eu notre premier à 16 ans, depuis trois générations" (on a eu un cas d'une gamine tabassée par ses parents, parce qu'elle voulait avoir un métier et travailler plutôt que d'avoir des gamins à la queue leu leu).

Les IVG, encore (et j'ai eu aussi des élèves qui sont passées par là), c'est déjà une prise de conscience et une tentative de reprendre la main sur sa vie (avec ou sans l'aide de la famille). Mais dans tous les cas, il y a forcément mal être, avant, pendant, ou après, voire les trois.

Je pense pas qu'il y ait énormément de femmes qui regrettent l'IVG. Mais sans parler de votre cas extrême qui est réel puisque j'ai une amie qui a du avoir recours à cela et qui s'est retrouvée avec des jumeaux elle qui se disait que ça ne coûte pas bien cher de gérer un enfant.

Le problème n'est pas vraiment là lorsque l'enfant est normal, mais plus lorsqu'il a un défaut comme la trisomie. Ayant deux couples de jumeaux (deux fois des faux jumeaux fille et garçon) le second couple est composé de deux enfants autistes.

Au-delà de ça les jumeaux "normaux" s'entendent très bien avec les autistes mais l'autisme reste un problème particulier.

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