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Que fait-on du diesel si on ne le consomme plus ?

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Que fait-on du diesel si on ne le consomme plus ?

Je tombe sur ce texte, qui développe une logique certaine…
Qu'en pensez-vous ?

«  Ce qu'il faut absolument comprendre à propos du pétrole, de l'essence et du diesel. Vous savez ce qu'est le pétrole ?

1. Savez-vous vraiment ce qu'est le pétrole ?

Pour faire simple, ce sont des fossiles de végétaux, d'algues, etc. fossilisés pendant des centaines de millions d'années.

Cette immense réserve d'énergie nous vient du soleil, grâce à l'accumulation de photosynthèse des plantes. Cette énergie solaire a été comprimée et densifiée dans le sol pendant un temps extrêmement long, pour devenir une sorte de concentré d'énergie pure.

Même constat pour le gaz naturel, souvent extrait simultanément des mêmes gisements, dans une proportion approximative de 80/20. Le gaz est ensuite transporté sous forme liquide (propane et butane pour l'essentiel). Pour tout ça, on parle d'hydrocarbures.

Prenons un exemple ludique de ce que cette énergie permet :
Si vous avancez tout droit avec une voiture qui contient un seul litre d'essence, il vous faudra un mois pour la ramener au point de départ en la poussant. Un mois.

Le pétrole est un cadeau exceptionnel de la nature.
Un nectar liquide d'énergie solaire.

Pour que ce soit bien clair :
Vous prenez une douche chaude le matin, avec de l'eau chauffée par la combustion de gaz naturel.
La chaleur que vous ressentez est celle d'un rayon de soleil qui a touché la Terre il y a 100 millions d'années, passé par de multiples étapes de transformation.

Toute cette richesse exceptionnelle, accumulée avec patience par la planète dans son sous-sol pendant 150 millions d'années, nous sommes en train de la brûler en 100-150 ans. Totalement.

Toute cette énergie dépensée le temps d'un claquement de doigts libère une quantité de chaleur inédite. C'est la notion de physique la plus simple à comprendre.
Énergie = chaleur. Je cours, j'ai chaud.

Oui, nous sommes en train d'épuiser les ressources de la planète à toute vitesse.
Oui, nous réchauffons par conséquent le climat global dans des proportions inédites.
Non, cette tendance n'est pas soutenable à long terme. Ni même à moyen terme.

La prise de conscience générale de ces faits scientifiques est la première étape d'un long processus qui va tout changer.

2. Dire qu'il faut migrer des voitures diesel vers les voitures à essence, c'est n'avoir rien compris à la façon dont est raffiné le pétrole.
Une raffinerie n'est rien d'autre qu’une distillerie. On distille le pétrole, comme la lavande pour la parfumerie ou le raisin pour la gnôle.

Pour faire simple et en schématisant beaucoup :

• On verse du pétrole brut dans une immense cuve et on allume le feu dessous, très doucement au début : 20 °c. La cuve commence alors à «  dégazer », et on récupère les gaz : propane, butane, GPL.

• On augmente le feu (vers 150-200°c). Sortent les vapeurs qui une fois condensées donnent les essences de pétroles. D’abord les naphtes pour la pétrochimie, puis l’essence pour les voitures.

• On augmente encore la température jusque vers 300 °c. Montent alors les huiles : le kérosène pour les avions, le gazole pour les moteurs diesel et le fioul domestique. Et ainsi de suite...

• Il ne reste à la fin plus que les résidus : les bitumes avec lesquels nous faisons les routes. Rien ne se perd dans le pétrole.

• CONCLUSION - On ne fabrique pas du gazole à la demande. Qu’on le veuille ou non, qu’on le consomme ou pas, il sort des cuves au cours du processus. Et ce gazole représente 21 % de la masse du pétrole brut, ce qui est loin d’être négligeable (45 % pour l’essence).

En sachant que la production mondiale actuelle est de 100 millions de barils/jour.

La question est : qu’est-ce qu’on en fait si on ne le consomme plus ?

À la fin des années soixante seuls les camions, des bateaux pas trop gros et quelques rares voitures étaient équipés de moteurs diesel. On ne consommait pas tout le gazole issu des raffineries. Le surplus était rejeté à la mer.
Les compagnies pétrolières, devant ce manque à gagner, se sont alors tournées vers les constructeurs automobiles pour leur demander de développer les moteurs diesel. Ce qui fut fait.

Avec de nouveaux alliages et l’intégration des turbos, ils ont obtenus des moteurs diesel aussi performants que les moteurs à essence, plus fiables, avec une meilleure longévité et qui consommaient moins. Le succès des moteurs diesel, aidé par l'État, a donc été fulgurant, malgré les rejets de particules fines extrêmement nocives, contre lesquelles on n'a jamais rien trouvé de vraiment satisfaisant.
À l’époque, des panneaux publicitaires en 4 par 3 faisaient l’apologie du moteur diesel, et la presse vantait dans tous les articles «  l’écologie » du moteur diesel, affirmant qu’il polluait moins que le moteur à essence.

Aujourd'hui on a inversé la tendance et il existe - surtout en France - un gros déséquilibre de la demande entre l’essence et le gazole. Il faut donc impérativement pour les pétroliers revenir à l’équilibre, et contrairement à ce que croient les gens, il n’est pas question d’éradiquer les moteurs diesel, au risque de revenir aux années soixante.

Comment réussir ce tour de force industriel ? En lançant une campagne de dénigrement du moteur diesel. On mobilise donc les politiques et la presse et c’est parti pour façonner l’opinion publique et fabriquer le consentement. Coucou Chomsky. Vous verrez que quand on sera revenu à l’équilibre (2 véhicules essence pour 1 véhicule diesel), comme par magie, on retrouvera des vertus au gazole.

En bout de chaîne, l'automobiliste n'est qu'une variable d'ajustement, le cadet de leurs soucis.

Cette problématique est de toute façon conditionnée par l'épuisement des ressources naturelles, le pic pétrolier et l'inéluctable transition vers un monde sans hydrocarbures, dont je parlerai bientôt.  »

C'est un texte excellent du point de vue technique, mais il est, à mon avis biaisé !

En effet il décrit une seule méthode de transformation du pétrole brut en produit dérivé : le cracking. Cette méthode est certes, à ce jour, la plus simple et la plus économique (relativement) et elle est justement fortement utilisée parce que les produits intermédiaires comme le gazole, le kérosène ont un usage économique évident.

Mais c'est prendre le problème par le mauvais bout.

On pourrait utiliser d'autre méthodes de transformation que le cracking. Faire par exemple agir des microorganismes pour décomposer le pétrole brut et produire des dérivés différents ou dans des proportions différentes, voire sauter complètement l'étape gazole. Ce n'est qu'une question technologique qui pour l'instant est masquée par des question économiques.

Soyez donc tranquilles. Les chimistes de compagnies pétrolières sont au top. Si demain les besoins en gazole ou kérosène s'effondrent, ils sortiront d'autres procédés. Autres procédés qui existent très probablement déjà mais ne sont pas mis en oeuvre parce que le besoin ne se fait pas sentir.

Ne mélangeons surtout pas les notions de besoin et de moyens.

Euh, les diesels modernes sont plus fiables que les moteurs essences ??? C'est sûr, les casses de turbos, de common rail, les problèmes de vannes EGR et de filtres à particules ça n'existe pas sur les diesels... Ben non, les diesels ne sont plus plus fiables que les moteurs essences. Quant à les voir aussi performants, il faut une cylindrée plus grosse pour arriver au même couple et au même nombre de bourrins... Reste juste que les diesels consomment effectivement moins et rejettent, de fait, moins de CO2.

Ce n'est pas de l'énergie solaire qui a été stocké mais du carbone retiré à l'atmosphère et restitué avec la combustion des énergies fossiles.

Dans les années 60 on rejetait en mer les gasoil ???? Pourquoi, ça ne brulait pas dans les chaudières à l'époque ? La différence entre le fuel domestique et le gasoil, c'est le taux de souffre autorisé (et un colorant rouge).

Ce n'est pas l'industrie pétrolière qui a développé le diesel en France mais un certain Jacques CALVET, patron de PSA, à l'époque seul fabricant de petits diesels avec sa 205D.

Il n'est pas question d'éradiquer le moteur diesel ? Bon, d'au autre côté si on interdit les villes aux diesels, forcément, ça ne va pas aider leur commercialisation (éternel problème des décisions prises à l'emporte pièce...)

Ah, Chomsky, que serait-on sans une bonne vieille manipulation des masses...

Il me semble qu'il y a tout de même quelques petites imprécisions.

D'une part, on ne peut pas dire que tous les pétroles sont identiques, bien au contraire, chaque gisement, voire chaque forage donne un produit particulier.
D'autre part, dire que le pétrole est de l'énergie solaire condensée est une formule percutante, mais un peu trop schématique. Les pétroles sont issus de matières organique fossilisée, ce qui revient à dire qu'à une époque "géologique" des végétaux ont synthétisé des composés organiques à partir du dioxyde de carbone de l'atmosphère, en utilisant l'énergie solaire par l'intermédiaire de leur chlorophylle.
Brûler du pétrole, c'est donc "utiliser l'énergie solaire fossile", mais aussi renvoyer dans l'atmosphère le carbone qui en avait été "soutiré" à l'époque. Et c'est de là que vient le problème de l'augmentation de la teneur en dioxyde de carbone de notre atmosphère.
Et puis, il n'y a pas que du carbone dans le pétrole, mais aussi pas mal d'atomes d'hydrogène (d'où le terme d'hydrocarbures), de l'azote, du soufre et d'autres éléments à différentes teneurs. Il y a aussi ce qu'on appelle des NORM (Matières Radioactives Occurentes Naturellement).
Lorsqu'on distille du pétrole, dans une raffinerie, on essaye, en priorité, de récupérer des composés chimiquement purs qui peuvent être utilisés par l'industrie pétrochimique pour fabriquer les matières plastiques et tous les autres produits synthétiques. Ce sont ces composés qui ont la plus forte valeur marchande.
Ensuite, les autres produits sont triés selon leur "nombre d'atomes de carbone" dans la molécule. Grossièrement entre 1 et 4 on a des gaz (méthane, éthane, propane et butane). A partir de C5 (les pentanes) on a les essences, puis vers C9 (nonane) les produits deviennent plus visqueux et on a les fuels (gazole routier et fuel domestique).
Les produits plus lourds donnent les fuels lourds, les huiles et, en fin de course, restent les goudrons (brais pétroliers).
Mais, l'industrie pétrolière sait très bien fragmenter les molécules trop longues pour fabriquer des molécules plus courtes, c'est ce qu'on appelle le cracking.
Bref, présenter comme une fatalité naturelle l'idée que le pétrole fournit une quantité "stable et fixe" d'essence, de gazole et d'autres produits est franchement faux.
On ne peut certes pas faire n'importe quel produit avec n'importe quel pétrole, mais la gamme des produits "possibles" est assez large.

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