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L'eau du robinet ...

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L'eau du robinet ...

L'eau du robinet augmente ce risque de 500 %

Les produits chimiques les plus dangereux chez vous ne sont pas dans votre garage ni dans votre cave : ils sortent directement du robinet de votre cuisine.

Que vous viviez en ville ou à la campagne, votre eau du robinet est presque certainement contaminée par des toxines, des hormones, des médicaments, et d'autres produits chimiques.

Un herbicide en particulier, l'atrazine, présent même en quantité infinitésimale, augmente de 500 % le risque de cycles menstruels irréguliers chez les femmes, et de 600 % le risque que s'écoulent six semaines entre deux cycles.

Mais ce n'est que le début de l'histoire.
Change les mâles en femelles

L'atrazine a été interdite en Europe en 2003. Elle reste cependant l'un des herbicides les plus utilisés hors d'Europe et aux Etats-Unis. Malheureusement, une récente étude menée en France par l'Inserm, et publiée dans la revue scientifique Environmental Health Perspectives, montre que l'atrazine était encore, il y a peu, présente à des taux extrêmement inquiétants dans les eaux de surface et l'eau du robinet. (1)

Le problème est que l'atrazine est un perturbateur endocrinien, c'est-à-dire qu'elle dérègle votre production d'hormones. A une concentration très faible, de l'ordre de 0,1 partie par milliard, elle inverse le sexe des poissons et batraciens, changeant les mâles en femelles ! (2) Des centaines de tonnes d'atrazine ont été déversées en France, à l'époque où cet herbicide était autorisé. Sur la seule région de Bretagne, où l'étude de l'Inserm a été menée, on estime que 200 tonnes d'atrazine ont été utilisées en 2001.

Une femme enceinte qui boirait de l'eau contaminée à plus de 0,4 μg (microgramme, soit un millionième de gramme !) par litre met en danger son enfant : le fœtus peut avoir des retards de croissance qui l'handicaperont plus tard. Le risque d'avoir un enfant mâle souffrant d'anomalies génitales augmente de 40 % chez les femmes intoxiquées à l'atrazine, et celui que leur enfant ait une réduction du périmètre crânien à la naissance augmente de 70 %.
Contamination généralisée

La triste réalité est que les nappes phréatiques sont hautement contaminées en France.

En 2006, soit 4 ans après l'interdiction de l'atrazine, on en retrouvait encore une concentration de 0,38 μg/L dans les eaux de surface, en Bretagne, et l’eau du robinet était contaminée à hauteur de 0,1 μg/L ! Soit bien plus qu'il n'en faut pour causer de graves problèmes.

En région parisienne même, la contamination de l'eau du robinet à l'atrazine a atteint en 2006 de tels niveaux que le Préfet des Yvelines a dû signer un arrêté accordant l'autorisation de distribuer de l’eau dépassant les limites autorisées (puits de captage de la plaine de Buchelay qui alimentent Mantes-la-Jolie, Magnanville, Buchelay, Rosny-sur-Seine, Bréval, Neauphlette). (3)
Des conséquences graves

Chez les femmes touchées par des cycles irréguliers, les conséquences ne se limitent pas à des angoisses (« Suis-je enceinte ? ») et à des problèmes de fertilité. Les cycles irréguliers sont un signe clair de déséquilibres hormonaux, qui peuvent causer des problèmes d'ostéoporose, de maladies du cœur et même de cancer.

L'équipe de l'Inserm a suivi un groupe de 579 femmes enceintes, âgées en moyenne de 30 ans.

Ces femmes ont donné naissance à 601 enfants, chez qui 88 anomalies congénitales majeures ont été constatées, ainsi que 26 anomalies génitales chez des enfants mâles, 180 retards de croissance intra-utérin et 105 réductions du périmètre crânien.

Il ne s'agit là bien sûr que des effets certains sur les êtres humains, qui sont les seuls à avoir été étudiés d'aussi près. Nul ne sait quelles sont, et quelles vont être, les conséquences à long terme sur les écosystèmes de l'utilisation massive d'atrazine, pendant des années en France.

Mais le plus inquiétant est que ce produit a aujourd'hui été remplacé par le métalochlore qui cause lui aussi une réduction du périmètre crânien des enfants.

La question est donc de savoir combien de temps nous allons continuer à jouer les apprentis-sorciers avec de tels produits « magiques » pour l'agriculture industrielle, mais si incertains (c'est le moins qu'on puisse dire) pour l'avenir des populations et des écosystèmes ?
Vous protéger maintenant

Il existe des milliers d'autres polluants potentiellement présents dans l'eau de votre robinet, en dehors de l'atrazine, et la plupart ne sont même pas surveillés (ni connus) des autorités.

Mais ne vous ruez pas au supermarché pour acheter de l'eau en bouteille ni pour acheter une petite carafe en plastique équipée d'un filtre, qui laissera de toutes façons passer les microparticules.

La seule solution vraiment efficace est un équipement de filtration par osmose inverse de l'eau, un système qui débarrasse l'eau de tous les solvants qui y sont présents, sans pour autant supprimer les minéraux indispensables pour la santé (calcium, magnésium, potassium....). Car la réalité est que, contrairement à ce que pense votre plombier, plus votre eau est « calcaire », meilleure elle est pour vous ! Et vous n'avez aucun intérêt à utiliser un adoucisseur qui diminuerait la teneur de votre eau en minéraux.

Le prix des systèmes de filtration par osmose inverse de l'eau a aujourd'hui fortement baissé et ils sont très simples à installer. Ils suppriment même le chlore. Assurez-vous simplement de le poser à l'arrivée d'eau générale de votre domicile, afin que tous les robinets de la maison bénéficient d'eau filtrée.

Par souci de neutralité commerciale, permettez-moi de ne pas recommander de marques. N'hésitez pas cependant à échanger sur ce sujet avec les autres lecteurs de S&N dans les commentaires de cet article sur notre site, en cliquant ici.

A votre santé,

Jean-Marc Dupuis

PS : au-delà de cette solution individuelle, faut-il lancer une nouvelle pétition sur les polluants qui empoisonnent nos rivières, nos nappes phréatiques, nos océans ? C'est bien sûr la question que je me suis posée, et que j'ai posée à Augustin de Livois, le président de l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle (IPSN), que nous « sponsorisons » depuis l'origine.

J'encourage tous les lecteurs de S&N intéressés par une telle initiative, à écrire à Augustin sur contact@institut-protection-sante-naturelle.eu pour l'encourager (ou le décourager...) à mobiliser l'IPSN et son vaste réseau de signataires. N'oubliez pas non plus que, même si nous faisons de notre côté tout ce que nous pouvons pour soutenir financièrement l'IPSN, il s'agit d'une association non subventionnée par les pouvoirs publics, et tous les dons sont bienvenus pour les aider à défendre notre droit à tous, de nous soigner autrement. Plus d'information sur http://institut-protection-sante-naturelle.eu/faire-un-don

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[Edité par Daniel - Hoaxteam]

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Sources de cet article :

(1) Cécile Chevrier, Gwendolina Limon, Christine Monfort, Florence Rouget, Ronan Garlantézec, Claire Petit, Gaël Durand, Sylvaine Cordier, « Urinary Biomarkers of Prenatal Atrazine Exposure and Adverse Birth Outcomes in the PELAGIE Birth Cohort », Environmental Health Perspectives, publication en ligne du 2 mars 2011.

(2) « L’atrazine, un herbicide agricole, affecte la reproduction des poissons », dépêche AFP du 19 mai 2010.

(3) http://decil.lautre.net/spip.php?article536, consulté le 11 janvier 2012.

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Quelle est la question ?

Très vite, avant d'aller me livrer à d'autres activités, un petit point de vue d'hydrogéologue et environnementaliste.

L'atrazine est bien un pesticide qui a été utilisé en France.
Le suivi de qualité des "eaux destinées à la consommation humaine" s'est beaucoup basé sur la teneur en nitrates, considérés comme "pollution d'origine agricole". Les nitrates trouvés dans les nappes phréatiques proviennent essentiellement des épandages d'engrais de l'agriculture intensive.
Comme l'agriculture intensive épendait aussi divers pesticides, on se doutait bien que le jour où on les rechercherait à l'analyse, on allait en trouver. L'atrazine et ses métabolites font partie de ces substances. Les métabolites de l'atrazine sont les produits qui dérivent de l'atrazine par les processus de biodégradation, c'est à dire qu'ils sont produits lorsque des micro-organismes réussissent à digérer la molécule d'atrazine et la décomposent partiellement.

Lorsqu'on fait des analyses d'eau potable, les teneurs en "éléments traces" sont mesurés en ppb, c'est à dire en "partie par milliard", traduction de l'anglais "parts per billion", qui correspond, dans notre système métrique à des microgrammes par litre.

Le seuil à ne pas dépasser pour l'atrazine, comme pour les autres pesticides est de 0,1 microgramme par litre, fixé par l'arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et de seaux destinées à la consommation humaine mentionnées aux articles R. 1321-2, R. 1321-3, R. 1321-7 et R. 1321-38 du code de la santé publique.

Voici le texte du paragraphe qui concerne les pesticides :

Pesticides (par substance individuelle). 0,10 microgramme/L

Aldrine, dieldrine, heptachlore, heptachlorépoxyde (par substance individuelle) 0,03 microgramme/L

Par « pesticides », on entend :
– les insecticides organiques ;
– les herbicides organiques ;
– les fongicides organiques ;
– les nématocides organiques ;
– les acaricides organiques ;
– les algicides organiques ;
– les rodenticides organiques ;
– les produits antimoisissures organiques ;
– les produits apparentés (notamment les régulateurs de croissance)
- et leurs métabolites, produits de dégradation et de réaction pertinents.

Total pesticides. 0,50 microgramme/L
Par « total pesticides », on entend la somme de tous les pesticides individualisés détectés et quantifiés.

Les 0,1 ppb mentionnés dans le texte correspondent donc au seuil de potabilité pour tout pesticide, (sauf les 4 qui ont un seuil inférieur). Légalement, une eau qui aurait une teneur supérieure ne peut être qualifiée de "potable"?

Maintenant, pour ce qui concerne l'étude épidémiologique, il faudrait qu'une personne compétente en santé publique prenne le relais.

Une question pour Yéti : un systèmes de filtration par osmose inverse peut-il différencier le calcium et autres sels minéraux des méchants polluant ?

Ensuite, l'atrazine était utilisé pour désherber le maïs. Donc, de nombreuses régions de France ne sont absolument pas concernées par ce produit.

Un système de filtration, aussi sophistiqué soit-il, ne peut débarrasser l'eau que des éléments particulaires, pas des éléments dissous.
Pour les sels minéraux, pas de problèmes, comme ils sont dissous, ils traverseront les membranes filtrantes.
Pour l'atrazine, qui est, chimiquement une triazine ( fiche wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Atrazine ) je ne suis pas sûr du tout que la taille de la molécule soit assez grosse pour l'empêcher de traverser une membrane filtrante.
Le document ressemble beaucoup à un publi-reportage pour des installations de filtration par osmose inverse.
Quant à l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle (IPSN), son logo ressemble un peu trop à celui de l'ex Institut de Protection et de Sureté Nucléaire, qui a été intégré dans l'IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire).
Compte tenu des enjeux économiques du marché des produits phytosanitaires, il est très difficile de se faire une opinion sur l'utilité et sur les dangers de tel ou tel produit. Le producteur va insister sur l'efficacité de sa molécule et sur son absence de dangers pour l'environnement. Les concurrents, eux, vont tenter de faire interdire le produit pour mettre en avant leurs molécules. Les études étant très longues et coûteuses, il est quasi impossible qu'elles soient menées de manière totalement indépendantes. On peut presque toujours trouver un conflit d'intérêt potentiel pour tel ou tel chercheur impliqué dans un programme d'évaluation.
De plus, dans la nature, tous ces produits forment des cocktails dans lesquels on a du mal à individualiser l'effet de l'une ou l'autre des molécules.

En effet, ce truc ressemble à une publicité (mal) déguisée... Quant à l'Augustin de Livois cité dans le message, c'est l'animateur du Collectif de Défense de la Médecine Naturelle qui a "milité" contre la pseudo-"interdiction" des plantes au 1er avril 2011 (ladite "interdiction" n'étant qu'un changement dans la mise sur le marché de ce produit).

Pour en revenir à l'étude de l'INSERM, il est très facile de la retrouver :

http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/herbicide... [compte-rendu en français]

http://ehp03.niehs.nih.gov/article/info:doi/10.1289/ehp.1002775 [article original en anglais]

Quiconque prend la peine de parcourir cela découvre que :

1) l'étude a été menée en Bretagne de 2002 à 2006, et n'est donc pas forcément généralisable à toute la France et à aujourd'hui ;

2) l'atrazine est interdite en France depuis 2003 ;

3) les organismes s'occupant de contrôler la qualité de l'eau ont en effet trouvé des résidus d'atrazine bien après cette date, mais l'on peut supposer qu'elles ont empêché ces eaux d'arriver jusqu'au consommateur, ou sinon on ne voit pas à quoi elles servent ;

4) les Bretons effrayés par le point 3 peuvent toujours se rabattre sur des eaux minérales non bretonnes, en fonction du point 1, plutôt que d'utiliser un système de filtration qui est loin d'avoir fait ses preuves.

Un article paru chez enviro2B, rédigé par l'association "Générations futures" :

http://www.enviro2b.com/2012/02/29/eau-letat-rouvre-le-robinet-aux-pesti...

"Générations Futures dénonce la publication « en catimini » d’une instruction de la direction Générale de la Santé le 9 décembre 2010, publiée au BO en février 2011, qui « rend plus facile la distribution d’eau polluée par des pesticides au-delà de la limite de qualité ! »."

Ce qui est très difficile à évaluer, avec les produits comme les pesticides, c'est la dose à partir de laquelle il deviennent "risqués". Bien souvent, les "normes" considéraient qu'ils devaient être "indétectables avec les méthodes d'analyses en usage". Depuis, les méthodes d'analyses ont été améliorées, mais on n'a toujours pas d'éléments pour définir un seuil de danger. D'autant plus que ces substances sont souvent en mélanges et que les effets du mélange peuvent être pires ou meilleurs que ceux de différents composants pris individuellement.

Les pesticides sont obligatoirement des perturbateurs endocriniens, c'est pour ça qu'ils ont des effets toxiques sur certains organismes nuisibles, il est difficile de savoir exactement quels sont leurs effets sur l'homme et sur les autres organismes "non visés officiellement".

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