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Contrat de l'institutrice, 1923

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Contrat de l'institutrice, 1923

Bonjour,

Reçu par mail ce "Contrat de l'institutrice, 1923".
Après brèves recherches, il apparaît sur quelques sites, plutôt datés mai 2017,
dont :
http://villageampus83.blog.lemonde.fr/2017/05/26/1923-contrat-de-linstit...

avec ce commentaire :
28 mai 2017 à 12:07
effectivement, les « bars laitiers » sont québécois ….
ceci-dit ce contrat sent la fake news à plein nez

Et vous qu'en pensez-vous ?
Est-ce vraisemblable pour un document authentique ?

Cela sent bon son québécois, en effet.
Ceci dit, si on compare avec les conditions de travail des françaises à la même époque, ce n'est pas impossible
Ici un mémoire sur l'enseignement https://dumas.ccsd.cnrs.fr/file/index/docid/735125/filename/wieruszeski_...

J'avais lu un documentaire (genre "Géo") à propos des institutrices françaises de la même époque, et c'était assez proche. Même son de cloche au musée de l'école de Brion (près de chez moi) : elles avaient une vie assez rude, entre chauffage, entretien de l'école, obligation de morale, etc.

Si c'est au Québec, il faut souligner que l'enseignement est probablement supervisé par l'église catholique, et que cette autorité a tendance à exiger de son personnel laïque qu'il vive quasiment comme une religieuse.

Marine
Portrait de Anonyme

Donc le document est très probablement un fake (police de caractère improbable pour l'époque), le contenu est relayé pour la première fois en 1974 dans le rapport d'une université américaine qui milite pour favoriser l'accès des femmes aux postes d'enseignements. Les règles sont présentées comme datant de 1915 et venant d'une école chrétienne en Californie.

https://books.google.co.uk/books?id=L9LhAAAAMAAJ

En ce qui concerne la police de caractères, rien n'interdit à un journal de 1974 de reproduire un document récupéré dans des archives. Les journaux ne publient pas systématiquement les vieux papiers en fac-simile, il arrive qu'on reprenne le texte dans une typographie "actuelle".

JMK
Portrait de Anonyme

Salaire indiqué dans le doc 75 dollars par mois ==> USA (? ) ou plus sûrement Québec

leeuwerck
Portrait de Anonyme

Le salaire payé en dollars nous indique l'origine outre atlantique de cette annonce. Canadienne probablement. Voir sur Wikipédia la monnaie du canada depuis 1838.

Alain Labelle
Portrait de Anonyme

Moi aussi,je crois que cette image du Contrat de l’institutrice, 1923 n’est qu’un simple canular. En plus de l’argument de sur la police de caractères, je me questionne sur le mirobolant salaire de 75 dollars par mois (900$ par an) .

Anik Meunier, dans son ouvrage, L'école d'antan (1860-1960) parle d’une institutrice qui reçoit le salaire 17$ par mois (204$/an) en 1885
https://books.google.ca/books?id=qk3sY0D9FNkC&pg=PA40&dq=contrat+de+l%27...

Le salaire moyen d’une institutrice en 1900 était de 105 $ par année, selon un article de Radio-Canada
http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/747801/ecole-de-rang-cinq-chicots-pa....

Une autre source crédible - Les recueils de jurisprudence du Québec, publiés par le Barreau de Québec: Cour supérieure - indique un salaire de 33$ (396$/an) par mois en 1923 pour une institutrice de la paroisse de Saint-Pierre de Sorel. https://books.google.ca/books?id=Sv0vAAAAIAAJ&q=salaire+des+institutrice...

Enfin, un texte publié par l’université de Sherbrooke nous aide à contextualiser l’évolution du salaire des institutrices au Québec : «En 1906, Laure Gaudreault débutait sa carrière d'institutrice aux Éboulements avec un salaire annuel de 106 $. En 1936, le refus du gouvernement québécois d'accorder les augmentations de salaire promises aux institutrices provoque un mouvement de contestation généralisé auquel participe Laure Gaudreault . C'est à ce moment qu'elle fonde la Fédération catholique des institutrices rurales, mouvement syndical qui aura des répercussions sur l'ensemble de la profession enseignante. En février 1939, la Commission scolaire de Jonquière reconnaîtra l'Association catholique des institutrices rurales et signera, en 1940, la première convention collective dans le domaine de l'enseignement au Québec. Le salaire minimum annuel prévu pour l'année 1940-1941 est fixé à 400 $ pour une institutrice. http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/566.html

Bref, le salaire prévu dans ce contrat semble beaucoup trop élevé pour l’époque. De plus, la clause sur les bars laitiers me semble aussi passablement ridicule : je doute très fortement de leur existence à l’époque. Encore une belle illustration du fait que l’on ne doit pas se fier à tout ce qui est publié sur le web #clickfarm.

Bravo. Ca c'est une recherche argumentée.

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