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Pandémie de rumeurs sur la grippe H1N1
Depuis l'été dernier, de nombreuses rumeurs concernant les vaccins contre la grippe H1N1 (ou grippe A) circulent. Générant ainsi une incroyable défiance de la population envers une vaccination controversée. Une dépopulation mondiale est-elle en cours ? Faut-il avoir peur du vaccin ? Les gouvernements sont-ils, au pire des assassins, au mieux des ignorants ? Y a t-il un quelconque fond de vérité dans tout ce qu'on entend ici ou là ? Toutes les réponses à toutes les questions sont ici...

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Selon toute vraisemblance, la contestation actuelle concernant les plans de vaccination contre la grippe H1N1 prend principalement sa source sur le net. L'ensemble des arguments sont ultra majoritairement repris de diverses rumeurs en circulation depuis l'été dernier et ayant des origines pour le moins troubles. Cependant, cette contestation mérite qu'on s'y arrête et qu'on examine point par point ce qui fait débat et contribue à la psychose anti-vaccination qui envahie les cerveaux.

 

En tant que ressource vérifiant la fiabilité des informations en circulation sur Internet, HoaxBuster.com n'a pas vocation à prendre parti pour ou contre la vaccination en général. Ce dossier est construit uniquement sur la base de faits avérés et vérifiables par tous. Il fait la synthèse (sur le fond) des différents articles publiés et à paraitre sur chacune des rumeurs en circulation (sur la forme) et non sur le bien-fondé d'une vaccination de masse par opposition à une vaccination ciblée. Il appartiendra à chacun de tirer ses propres conclusions à la lecture de l'ensemble des éléments apportés ici ou dans nos articles sur le sujet.

 

Et si on commençait par la fin ?

 

Pour ceux que la lecture complète du dossier rebuteraient, disons-le d'entrée, après avoir consulté, lu, recherché, compulsé, visionné, integré, digéré, discuté, analysé, etc... il ne nous est absolument pas possible de dire que les vaccins anti grippe A H1N1 sont plus dangereux que tout autre vaccin. Tout comme il ne nous est absolument pas non plus possible de dire que la grippe H1N1 est une maladie anodine ou bénigne. Elle peut prendre une forme modérée (majorité des cas) ou peut avoir des conséquence extrêmement graves, voire mortelles.

 

Comme nous le montrerons plus loin, à l'examen des faits on s'aperçoit que remettre en cause ces vaccins revient surtout à remettre en cause toutes les politiques de vaccinations ayant court dans nos sociétés. Il est donc essentiel pour chaque individu de bien savoir de quoi il a peur et surtout vers quoi il veut tendre.

 

Qui sont les leaders d'opinion ?

 

Une des clés permettant de comprendre la psychose collective née autour de cette campagne de vaccination tient dans l'analyse des différents protagonistes "têtes d'affiche" des principales rumeurs. Les personnalités qui s'expriment sont crédibilisés par divers titres ronflants et/ou impressionnants. On reçoit un avertissement, il provient d'une source crédible et cite une journaliste, un neurochirurgien réputé, une chercheuse en laboratoire, un éminent médecin, un spécialiste, un pharmaco-épidémiologiste, etc... A priori, aucune raison de ne pas penser que ces personnes ne sont pas dignes de foi.

 

Pourtant, à l'analyse, on s'apercevra bien vite que la plupart des "têtes pensantes" sont engagées de longue date dans les lobbys anti-vaccin (et pas spécifiquement dans la dénonciation d'un vaccin dangereux) et/ou dans les médecines parallèles. Il s'agit donc pour eux d'utiliser au maximum le porte-voix qui leur est servi sur un plateau pour distiller leur message général. Leurs discours sont systématiquement à charge contre le vaccin anti H1N1 et occultent soigneusement tout ce qui pourrait desservir leur pensée.
Ils n'hésitent pas à prôner des pratiques parallèles qui, dans certains cas, peuvent s'avérer extrêmement dangereuses pour la santé. Ils n'hésitent pas non plus à distordre les faits pour mieux faire passer leurs idées, bref, ils pratiquent la désinformation (cf. liste des profils).

 

Pour autant, et bien que la plupart d'entre nous s'en défendent, une partie de leur discours reste ancrée dans nos mémoires et le message principal fini par passer : le vaccin est dangereux !

 

A l'opposé des detracteurs, nos gouvernants ont également adopté un discours qui semble tout droit sorti d'une école de communication... de crise. Tout semble improvisé et à chaque attaque il conviendra d'adopter une parade. Il est toutefois évident que les gouvernements n'avaient pas prévu une telle défiance face à la vaccination, c'est pourquoi ils n'ont pas toujours les bons arguments au bon moment et font parfois preuve d'une méconnaissance assez flagrante du dossier, laissant ainsi planer le doute sur leurs motivations profondes.

 

Enfin, il est notable de constater que si tous les partisans de la dangerosité supposée du vaccin parlent d'une seule voix en additionnant les théories (qui parfois sont contradictoires), il n'en est pas de même des leaders d'opinion de proximité (médecins généralistes, personnels de santé, paramédicaux, personnalités locales ou nationales, élus,...) qui n'ont pas tous le même avis, loin s'en faut, et chez lesquels on retrouve peu ou prou la division qui règne dans la population.

 

En conséquence, on peut assez facilement tirer la conclusion que les leaders anti-vaccins sont motivés par une idée directrice commune qui est de faire passer leur discours en s'appuyant sur les ressorts connus des techniques de désinformation :

- occulter tout fait venant contredire leur discours
- s'appuyer sur chaque virugule mal placée et susceptible d'être interprétée
- utiliser au maximum des exemples simples et parlants
- jouer sur les peurs communes
- utiliser la défiance des peuples envers leurs gouvernants
- pratiquer le populisme pour dénigrer le scientifique

 

Tandis que les personnalités locales et sociétales censées porter une parole digne de confiance sont finalement logées à la même enseigne que le commun des mortels :
- difficulté à trouver des informations fiables
- difficulté de lecture des données scientifiques
- incompréhension du discours gouvernemental
- convictions personnelles
- attitude "électorale" ou "clientéliste"
- défaut de recherches
- défiance envers l'establishment

 

Une fois les leaders d'opinion identifiés et leurs motivations profondes mises en lumière, la question de la dangerosité du vaccin reste entière. Alors :

 

Le vaccin anti grippe H1N1 est-il dangereux ?

 

Pas plus, ni moins que tout autre vaccin. Quel que soit le laboratoire qui les produit, les différentes compositions des vaccins sont toutes connues, répertoriées et accessibles à tous. Il est donc assez simple d'aller vérifier par soi-même ce qui est injecté.

 

La grippe H1N1 entraine des complications dans 1 cas pour 1000 à 5000 patients pendant que les vaccins sont susceptibles d'entrainer des complications dans 1 cas sur 100 000 à 1 million.
Les données ont beau être imparables et les personnes à risques fortement exposées (20% de mortalité pour les personnes ayant été hospitalisées pour des complications pulmonaires liées à la grippe A H1N1 ! 2 à 3% de mortalité chez les personnes à risques ayant contracté la maladie !), la peur du vaccin a la vie plus dure que la peur de la maladie. Et pourtant, il n'a encore tué personne, lui.

 

Le cas des personnels de santé est particulier. En effet, ce ne sont généralement pas des personnes à risques, mais elles sont en contact rapproché quotidien avec des patients, consultants, souvent affaiblis, malades, ou en situation à risque. Or, dans le cadre de la grippe H1N1, on est contagieux avant d'être malade (ce qui, par exemple, signifie qu'une infirmière, un médecin, ou toute autre personne, porteur du virus pourra transmettre le virus à des patients non-vaccinés avant d'avoir les symptômes de la maladie). La vigilance qui leur est demandée est donc parfaitement compréhensible, même si en terme de vaccination, la décision revient à l'individu. Encore faut-il que l'individu soit informé correctement... et non désinformé.

 

Les dernières statistiques de l'OMS en date du 27 novembre montrent que plus de 1% de malades ayant contracté le virus en meurent (il faut entendre malades pour qui le virus a été détecté de manière formelle, le nombre de personnes contaminées est probablement très largement supérieur dans les faits). En même temps, quand on meurt, on perd la vie dans 100% des cas. Et il faut bien mourir de quelque chose, c'est vrai.

 

On peut toujours et constamment remettre en cause toute publication de l'OMS ou de toute autre organisation scientifique liée de près ou de loin à la santé publique, pourquoi pas. Encore faut-il, après la remise en cause, amener des preuves de ce que l'on avance (au minimum des statistiques consultables et représentatives d'une population donnée), or force est de constater que les anti-vaccins crient très fort des chiffres qu'on ne retrouve nulle part ailleurs que sur leurs propres ressources mais n'amènent strictement rien de probant, de fiable, ou d'étayé.

 

D'ailleurs, au petit jeu de c'est celui qui crie le plus fort qui gagne, le vacarme assourdissant fait autour du désormais très médiatique syndrome de Guillain-Barré et des autres effets secondaires possibles essentiellement liés aux adjuvants (squalène) et autres conservateurs (Thiomersal), montre que ce sont là que résident les principales critiques et peurs envers les vaccins.

 

Le syndrome de Guillain-Barré [source]:

 

Le Syndrome de Guillain-Barré (SGB) provoque une atteinte transitoire des nerfs entraînant des manifestations douloureuses et des paralysies partielles. Il s’agit d’une maladie sévère pouvant nécessiter une hospitalisation pendant plusieurs mois avec, dans certains cas, un séjour prolongé en réanimation.

Les causes de cette maladie auto-immune ne sont pas encore bien définies, mais on sait désormais que la moitié des cas survient quelques jours voire quelques semaines après une infection virale (du genre... grippe !). Quoiqu'il en soit, et si tant est qu'un jour il soit prouvé que les vaccins entrainent des cas de SGB, il y aura fatalement plus de cas de SGB liés à la grippe ou autre infection virale qu'à toute vaccination.

 

Comme nous l'avons écrit par ailleurs, le syndrome de Guillain-Barré n'est pas apparu avec la vaccination, il a été mis évidence en 1916 (et observé cliniquement pour la première fois en 1859). De nombreux cas se déclarent tous les ans (1500 en France), et évidemment tous ne viennent pas de se faire vacciner, loin de là. Dans le cadre d'une vaccination à grande échelle, la probabilité que des personnes récemment vaccinées fassent un SGB est extrêmement forte.

Par analogie, c'est un peu comme si on se mettait à ne prendre en compte que les automobilistes morts dans un accident alors qu'ils avaient leur ceinture de sécurité et qu'on en sortait une vérité imparable "voilà la preuve irréfutable que la ceinture de sécurité est mortelle !" en occultant tous les autres morts qui ne portaient pas de ceinture. Aberrant, n'est-ce pas ? C'est tout simplement le principe même de la désinformation de masse.

 

Les autres effets secondaires possibles :

 

Disons le tout net, impossible d'affirmer que les effets secondaires soient autres que ceux déjà décrits par les laboratoires ou par l'OMS (et donc sans gravité excessive, à de très rares exceptions près qui devront être étudiées). Bien entendu, on nous objectera une fois de plus qu'il s'agit de la parole officielle et qu'en conséquence, elle n'est pas crédible une seule seconde. Las, il n'est scientifiquement pas possible de donner crédit aux détracteurs du vaccin. Ne serait-ce que parce que la formule décriée du vaccin a été injectée à plus de 22 millions de personnes depuis 12 ans (vaccin grippe saisonnière), sans dommage particulier.

On pourrait gloser pendant des pages et des pages que jamais nous n'atteindrions le dizième de ce qui peut être raconté sur Internet à propos des adjuvants et des conservateurs des vaccins. On les accuse de tous les maux ici, on les pointe du doigt là, on a la certitude que ici, on dit que c'est scientifiquement prouvé là...

 

Finalement, toute cette agitation se base essentiellement sur un postulat annoncé : c'est nocif ! Tout l'enjeu sera donc de démontrer qu'effectivement, ça l'est. Et pour démontrer que ça l'est, il suffit de partir du postulat déjà posé et ensuite d'amener systématiquement un ou deux exemples bien sentis ("cas de SGB sur une infirmière vaccinée !", "femmes enceintes qui font des fausses couches après avoir été vaccinées !", "X personnes dans le monde sont mortes après vaccination", etc...) et surtout de jeter le discrédit sur l'ensemble des recherches menées ayant montré le contraire (voire le plus souvent sur celles qui n'ont pas réussi à prouver que c'était effectivement nocif).

 

Le problème, c'est que toutes ces démonstrations de haute voltige n'ont qu'un seul et unique objectif : démonter les travaux des autres. A aucun moment, nulle part, on ne trouve d'études sérieuses venant prouver leurs dires. C'est paradoxalement la première grande force de toute cette fronde organisée. Elle n'a rien à prouver, donc elle ne prouve rien ! Tout ce qu'elle a à faire, c'est d'affirmer que c'est nocif et que les effets secondaires vont être infiniment plus graves et nombreux que les complications liées aux maladies que les vaccins sont censés combattre. Evidemment, personne ne lui demande de prouver quoi que ce soit, en pareil cas, c'est obligatoirement à celui qui propose la vaccination de prouver le contraire et non à celui qui vient dénoncer le scandale.

Deuxième grande force de la fronde, celui qui propose le vaccin n'a d'autre choix que d'avancer ses chiffres, qui seront bien évidemment contestés, puis analysés à la lumière du postulat de départ : c'est nocif !

La troisième grande force des contestataires (histoire de ne pas dire conspirationnistes), c'est que l'OMS mène ou fait mener systématiquement des études afin d'éliminer tout risque sanitaire. Pour ce faire, les scientifiques n'ont aucune autre solution que de chercher la nocivité potentielle de tel ou tel composant d'un vaccin. En effet, la rigueur scientifique impose d'éliminer, en permanence et après chaque cas douteux, toute potentielle nocivité.

 

En gros, c'est comme si les groupes anti-vaccins devaient systématiquement rechercher tous les bénéfices des vaccins, avant de pouvoir conclure qu'ils n'en ont aucun...

Evidemment, compte-tenu des théories affichées et des affirmations annoncées, on comprend qu'ils ne le fassent pas et qu'ils ne le feront surtout jamais.

A signaler, dans cet océan déchaîné de désinformation, un îlot d'objectivité vient surnager en exposant les pours et les contres de la maladie vs vaccination (il faut tout de même signaler que, bien qu'il se défende de toute expression d'opinion, l'auteur ne semble pas spécialement pro-vaccin). Le docteur Dominique Dupagne propose une page d'information qui apparaît étayée et constructive. Ne concernant pas directement les rumeurs en circulation et ne tentant pas de désinformer ses lecteurs, le blog en question n'est pas à proprement parler de notre ressort mais il nous parait indispensable de le mentionner ici.

 

Assiste-t-on à une dépopulation programmée ?

 

Non... évidemment que non ! On peut cependant difficilement vérifier les faits de manière irréfutable et il conviendra donc d'attendre l'éventuel début des morts en masse liées aux vaccins pour tirer une conclusion définitive sur ce point. Néanmoins, imaginer l'Organisation Mondiale de la Santé conduire un génocide mondial a quelque chose de surréaliste. Pour que cette opération puisse être menée à bien, il serait impératif qu'elle reste secrète, tous les pays membres devraient donc s'être mis d'accord sur cette "dépopulation (soit 193 états), ce qui, compte-tenu des puissances antagonistes en présence, semble pour le moins improbable.

 

Par ailleurs, ce génocide aurait donc débuté par les pays les plus vaccinés, donc les continents les plus riches et les plus puissants sur l'échiquier mondial (Amérique du Nord, Europe, Chine). De plus, la tuerie commencerait en priorité par les enfants, les personnels de sante et les femmes enceintes. Laissant ainsi les populations des pays les plus pauvres, ainsi que les plus âgés, en vie... Tout ça pour un complot mondial guidé par l'argent donné par les états aux laboratoires (ou l'inverse, on ne sait plus).
Enfin, difficile de comprendre pourquoi l'OMS se serait compliquée la vie à relacher un virus (anodin, donc) dans la nature lui permettant d'imposer un vaccin (mortel, donc) contre ce virus. Il aurait été infiniment plus simple et plus sûr de diffuser directement un virus hautement mortel un peu partout dans le monde. Décidément, il est bien difficile de vouloir à tout prix démontrer que l'hypothèse de la dépopulation programmée est plausible, tant elle ne tient pas debout.

 

En revanche, ce qui est sûr, c'est que nous assistons bien à une gigantesque campagne de désinformation. En injectant dans les cerveaux l'idée reçue que le vaccin est extrêmement dangereux, les divers théoriciens de la non-vaccination réussissent le tour de force d'inverser les données, le vaccin est devenu LE tueur pendant que la grippe passe pour un gentil petit virus complètement bénin. Plus fort encore, ils ont même réussi à entrainer dans ce point de vue des médecins généralistes, des personnels infirmiers, et autres personnels de santé ou paramédicaux, qui refusent la vaccination par peur de la maladie ainsi contractée, c'est le monde à l'envers.

 

La campagne de vaccination massive est-elle justifiée ?

 

Il s'agit d'une décision politique. En tant que telle elle est forcément discutable. Il n'est d'ailleurs pas anodin de constater que des personnalités comme le Professeur Bernard Debré, le Dr Patrick Peloux ou Martin Winckler (peu sujets à caution) la remettent en cause essentiellement pour des raisons financières, logistiques, politiques ou organisationnelles (non sans rappeler que les personnes à risque doivent impérativement se faire vacciner).
Ces voix discordantes portent donc essentiellement sur des points non liés à la dangerosité potentielle du vaccin mais, dans le vacarme ambiant, elles sont souvent entendues comme telles et bien évidemment abondamment reprises par les partisans du "zéro vaccin".

 

Les arguments économiques sont au centre du débat. S'il est désormais clair qu'avec 98 millions de doses de vaccins, la France est très largement surdotée, il n'en est pas moins évident que la facture va être extrêmement salée (712 millions d'euros) et que l'argent ira directement dans les poches des laboratoires tant décriés ces derniers temps.

Pour autant, cette gabegie est à relativiser. En effet, les mêmes labos empochent également les millions d'euros dépensés par les français en paracétamol et autres médicaments, type Tamiflu, contre la grippe A. Par ailleurs, une fois vacciné, pas la peine d'aller chez le médecin pour faire constater un cas de grippe A (coût 22 euros minimum). Pas la peine non plus pour les personnes à risques d'aller aux urgences pour effectuer un prélèvement nasal (coût 300 euros), voire d'être hospitalisées pour des complications (coût 1000 à 5000 euros en fonction des soins).

 

La vaccination d'une population s'entend dans le cadre d'un principe d'enrayement d'une épidémie, ce qui, quoi qu'on en dise, semble bien être le cas de la grippe A H1N1. Elle n'a d'intérêt que si la couverture vaccinale est suffisamment importante pour diminuer les risques d'exposition au virus ciblé, voire d'éradiquer totalement une menace dans le meilleur des cas. Plusieurs campagne ont été couronnées de succès et leur efficacité n'est certainement pas à démontrer.

 

Dans le cadre de l'épidémie actuelle, nombreux sont ceux qui pensent que la forme principalement modérée du virus n'aurait nécessité que la vaccination des personnes à risques. C'est sans doute exact en l'état actuel des choses, mais dans ce cas de figure, il faut accepter de laisser complètement de côté l'ensemble des personnes n'ayant pas du tout accès à la vaccination pour incompatibilité (allergies, immuno dépressions, certaines maladies,...). Pour elles, point de salut, mais ça peut effectivement être un choix de société, pourquoi pas ? A contrario, l'idée qu'en vaccinant l'ensemble de la société, on protège indirectement ceux qui ne peuvent pas l'être est une autre façon de voir les choses.

 

Et l'état français dans tout ça ?

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le gouvernement ne brille pas par sa clairvoyance en matière de communication sur le dossier. En instaurant des "centres de vaccination" à ouvertures variables, en laissant à penser que le pire était certain alors qu'il ne se passait rien, en insistant lourdement sur des conséquences éventuelles pour le moment largement surévaluées, en faisant l'acquisition de 94 millions de doses de vaccins pour 712 millions d'euros, en excluant les médecins généralistes et les hôpitaux de la campagne de vaccination, l'état a semble t-il cumulé les erreurs stratégiques. En fait, l'avenir dira s'il avait raison ou non. En tout état de cause, il est probable qu'il se soit quelque peu laissé déborder par les anticipations catastrophiques et peut-être une certaine crainte, voire une crainte certaine d'un véritable désastre sanitaire. Hélas, les précédents récents où l'état français n'a pas su ou pas voulu agir ou communiquer sont là pour nous rappeler. Sang contaminé, ESB, Tchernobyl, canicule 2003, les exemples d'actes manqués ne manquent pas, eux.

 

A t-il bien fait ou pas ? Bien malin à qui pourrait le dire. Cependant, à l'heure des critiques et avant celle des bilans, il serait sans doute raisonnable pour chaque citoyen de se demander sincèrement comment il aurait, lui, agi, s'il s'était trouvé devant ce cas de figure, jusque-là inconnu.

 

Au moment de conclure ce dossier, il reste un dernier point à soulever :
quoiqu'il en soit, et quels que soient les choix de chacun, pour peu qu'il y en ait de bons, la vaccination est avant tout une décision individuelle à visée évidemment personnelle, mais aussi collective.

S'il reste des questions sur l'administration en masse du vaccin, il n'en reste plus guère sur la létalité potentielle du virus. Dès lors, sachant qu'un vaccin dont la formule est éprouvée depuis 12 ans est mis à disposition du plus grand nombre dans l'urgence d'une pandémie imminente, doit-on se résigner, sous prétexte que des rumeurs plus ou moins folles et plus ou moins intéressées circulent, à ce que des personnes (principalement jeunes) meurent de cette maladie ? Là est sans doute la seule vraie question de fond à se poser... individuellement et collectivement.

Dossier réalisé par

Guillaume - HoaxBuster.com / Frédéric - HoaxTeam / Sébastien - HoaxTeam / Daniel - HoaxTeam

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Mise en ligne :

29 Novembre 2009

Dernières mise à jour :

29 Novembre 2009