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L'écho... logique : moteurs à profusion
Depuis quelques mois, les internautes voient fleurir de nombreux sites proposant de concilier utilisation d'Internet et action humanitaire ou écologique. La tendance est aux moteurs de recherche engagés. Ces sites sont-ils fiables ? Leur modèle économique est-il viable ? Etat des lieux de ce qui se fait aujourd'hui sur l'Internet francophone...

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Il est dans l'air du temps d'être écolo ! Dans un monde où chaque enseigne, chaque entreprise se revendique responsable, dit agir pour l'environnement, assure participer à l'aide humanitaire et au regard de ce qui est réalisé dans les faits, on est en droit d'être méfiant et dubitatif.
Alors quel crédit accorder à ces sites qui nous promettent de reverser tout ou partie de leurs revenus publicitaires à des associations ou qui nous certifient que le concept même de leur existence a pour but l'économie d'énergie ?

 

Utopie or not utopie ?

 

Internet est un formidable laboratoire où les concepts en tout genre peuvent voir le jour et ce avec très peu de moyens. Alors pour un militant désireux de servir une cause, quel est le meilleur moyen de proposer un service en ligne fréquemment utilisé et de préférence par le plus grand nombre, débutants et internautes confirmés ?
Comme ses concurrents, c'est la question que s'est posée Nicolas Desmarets, fondateur de Doona.fr, qui après de nombreuses recherches effectuées sur Internet, s'est aperçu que la réponse se trouvait sous ses yeux : le moteur de recherche, bien évidemment !
Fallait-il alors réinventer la roue et se lancer dans la création d'un nouveau GoogleYahoo! ou autre Exalead ?
Certes non ! Réinventer un algorithme, générer une base de recherches sont des travaux titanesques et de longue haleine… Pourquoi alors ne pas se servir des outils existants ? D'autant plus que chacun des organismes précités propose, suivant des conditions strictes (affichage du logo, respect du style…), d'accéder à leurs services depuis n'importe quelle page Internet et de rémunérer l'affichage de publicité.

 

Les bases du concept sont ainsi posées... Et cerise sur le gâteau : l’internaute fait une action humanitaire sans mettre la main à la poche.

 

Qui peut se lancer dans l'aventure ?

 

N’importe qui peut créer un site utilisant les fonctionnalités d'un moteur de recherche reconnu et engranger des revenus publicitaires par ce biais.
La question que l'on peut alors se poser est : pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?
L'ancienne génération n'en a-t-elle pas eu conscience ? N'y a-t-elle pas cru ? Toujours est-il que le profil du néo-activiste dans ce domaine est celui d’une personne jeune (voire très jeune !) et ayant déjà une bonne expérience dans l'associatif ou l'humanitaire.
Son action s'inscrit dans celle du développement durable, du commerce équitable et il réinvente une nouvelle forme de "business model" sur Internet. Ses compétences de commercial lui permettent de lever des fonds en attirant sponsors et mécènes qui pourront ainsi associer leur nom (et leur image) à ce nouveau "charity business".
Quel est le profil des utilisateurs ciblés ?
L'écologie et l'humanitaire n'ont jamais autant eu le vent en poupe. Il fallait bien que cela transparaisse dans le cybermonde. Que tout un chacun puisse s'affirmer en tant qu'internaute engagé et donner du souffle à ses convictions dans ses actes quotidiens.
Assistons-nous à la naissance de l'écolonaute ? Un Techno Sapiens qui se soucie de son environnement et agit en conséquence jusque sur le web. Cette nouvelle espèce dont les membres sont de tous âges et de toutes classes sociales avait peu de poids en militant localement ou par de rares regroupements, sans compter ceux trop timides pour avoir osé la moindre démarche dans le monde "réel". L'avènement de l'Internet change la donne et permet ainsi à toutes ces personnes de mettre leurs efforts en commun pour réaliser de nouvelles actions et participer au développement de grandes idées.

 

Recherche solidaire désespérément...

 

Nombreux sommes-nous à avoir reçu un email nous ventant les mérites d'un site proposant de reverser tout ou partie de ses gains publicitaires à des associations.
Il faut avouer que le premier temps est à la méfiance et à l’investigation : qui est donc caché derrière ce site ? Puis on s'aperçoit rapidement que même si la démarche est parfois maladroite, la finalité semble honnête.
La presse écrite, toujours plus en phase avec la cyber-actualité, s'intéresse également au phénomène. Nombreux sont maintenant les journalistes qui ont leur blog et c’est souvent le webzine de leur journal qui les héberge. Des articles naissent ainsi parfois d'une cyber-brève d'un de leur confrère.

 

Alors auquel de ces moteurs de recherche faire le plus confiance ?
Etre écologique ne doit pas seulement être un argument de vente ! Lequel de ces sites est le mieux placé sur le web francophone pour s'installer à la tant convoitée page d’accueil de notre navigateur Internet :

  •  Doona.fr - Association loi 1901, un site 100% non-lucratif et qui reverse la totalité de ses gains à des associations. Louable mais limité par son concept en n’employant que des bénévoles, il ne recueille que peu d'argent. Voir l'interview du fondateur.
  • Ethicle.org - SARL. Ce site a un peu de mal à trouver sa voie mais peut s’appuyer sur l’enthousiasme de sa fondatrice. [voir article HB]
  • Hooseek.com - SARL reversant 50% de son chiffre d'affaire et basée sur l'innovation technique. Seul le développeur web est rémunéré pour l'instant (Thomas, le fondateur, est bénévole). Ce site a pour avantage de proposer un très grand nombre d’associations à soutenir ainsi que le seeker, l'ascenseur universel.
  • Veosearch.com - SAS reversant 50% de son chiffre d’affaire. Composée de 5 salariés à temps plein, tous rémunérés, c'est le modèle économique français le plus prolifique puisqu'il aurait déjà permis de lever plus de 50.000 euros de janvier à avril 2008 et que bon nombre d'associations ont déjà touché leur chèque. A découvrir, leur blog qui traite des thématiques liées à la solidarité et aux innovations durables. A noter également, la régie publicitaire Adverline fait partie du capital de Veosearch depuis fin 2007.
  •  Ecoogler.com- Société espagnole. L'originalité de ce site est de financer la plantation d'un arbre toutes les 10.000 recherches, ce qui représente environ 50% des revenus générés. La seule association bénéficiaire est Aquaverde qui s'occupe de la plantation et dont le siège social est en Suisse. Les 4 employés de Ecoogler sont tous rémunérés.
  • Les sites sur fond noir : cf. plus bas.

 

 

Comment s'assurer qu'un nouveau site proposant le même type de services est fiable ?

  • En consultant le whois pour identifier la personne ou société à l'origine.
  • Pour une entreprise, en vérifiant son numéro SIRET.
  • En faisant des recherches sur Internet pour trouver des témoignages, notamment sur le forum de HoaxBuster.

Il est malheureusement possible qu'un individu malhonnête attiré par ce type de revenus crée un site humanitaire pour en détourner l'argent, c'est pourquoi il est nécessaire de pouvoir l'identifier afin de le confronter si la fraude était avérée.

 

Il arrive également que certains organismes n'acceptent pas les dons par ce biais.
Une chose est certaine en tout cas, ce n'est pas parce qu'un site se voit interdire de récolter des fonds pour une association qu'il est louche pour autant !

 

Un clic vaut mieux que deux tu l’auras !

 

Que penser des organismes comme Greenpeace ou La Croix Rouge qui n’acceptent d'argent que par les cotisations et dons de leurs adhérents ou par collectes ponctuelles ?
Il y a toujours des réfractaires au changement. Mais force est de constater que le modèle économique humanitaire est en pleine mutation et qu’il serait dommage que certaines associations ne prennent pas conscience qu'elles ont beaucoup à perdre en laissant derrière elles des internautes pas toujours disponibles mais solidaires à leur cause.
Espérons qu'elles reverront leur copie en permettant aux sites solidaires de leur reverser les gains obtenus.

 

Sites sur fond noir : un bilan pas tout blanc

 

Blackle a lancé la mode et d’autres ont suivi, comme Ecogle ou Ecofree dans l’espace francophone.
L'impact est immense puisque même les journaux télévisés de TF1 et de M6 ont relayé la bonne nouvelle : en utilisant un Google sur fond noir, on consommerait jusqu’à 50% d'énergie en moins !
Ce constat réalisé lors d'une étude en 2002 part du principe qu'un pixel sombre nécessite presque 2 fois moins de Watt que l'affichage d'un pixel clair. Et c'est vrai ! Mais uniquement sur un écran CRT (nos vieux tubes cathodiques). Sur écran LCD ou TFT, les pixels noirs comme blancs sont rétro-éclairés de la même façon ; du coup, l'économie réalisée paraît beaucoup plus discutable. Ecofree prétend encore gagner entre 2 et 15% d'énergie alors que des sources indépendantes (comme 01net ou Zorgloob) parlent même dans certains cas d'une consommation plus importante avec un fond noir !
Si l’on rajoute à cela, le fait que :

  • On ne passe au final que peu de temps sur le site du moteur de recherche car la consultation des données convoitées se fait en fonction du style du site visité.
  • L’impossibilité d'utiliser les autres services du moteur sur fond noir (en raison des conditions d’utilisation préalablement citées).
  • L'inconfort d’un fond noir sur un écran plat à cause de reflets désagréables.

On se demande comment ce concept peut avoir connu un tel essor. Après analyse, il semblerait plutôt qu'il s'agisse d'une vraie fausse-bonne idée et que le réel enjeu n'est pas celui affiché.
En effet, on peut remarquer l'unique lien externe du tout premier Google sur fond noir : celui vers la société Heap Media, à l'origine de cet énorme buzz marketing autour de Blackle.
Mais l'idée a fait son chemin et ainsi convaincu des webmasters de sites francophones, probablement de bonne foi. Dans ses FAQ, Ecofree.net continue d’affirmer "permettre d'économiser de l'énergie" alors que les commissions de Google sont "insuffisantes" pour couvrir ses frais de fonctionnement...

 

Quel choix pour l’internaute ?

 

Qui sortira vainqueur de la mini-guerre que s’offrent tous ces sites ? Y a-t-il de la place pour tous dans le PIF ?
Seul l'avenir le dira. La clôture du premier exercice aura lieu pour la plupart des sites en décembre. Ce sera l'occasion de comparer les chiffres pour voir quel est le modèle le plus viable, celui le plus rentable ainsi que celui le plus apprécié des internautes...
En attendant, cette diversité dans les moteurs permet à chacun de choisir celui qui correspond le mieux à sa vision d'un web militant et solidaire. Souhaitons longue vie à ces sites s'inscrivant, espérons-le dans une logique de développement durable...

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Dossier réalisé par

Nico

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Mise en ligne :

23 Mai 2008